Le lait d'ânesse, ses vertus, ses bienfaits...

Comment on obtient ce lait ?

Le lait d'ânesse est un bien rare et précieux. Il est rare car il est difficile à obtenir : Pour que l'ânesse nous donne son lait, il faut qu'elle ait un petit qui tête.

A la différence de bien d'autres mammifères, la femelle âne, comme la femme, ne fait pas de réserve de lait dans ses mamelles. C'est le bébé qui, en tétant, déclenche la production d'une hormone qui met en route la lactation : c'est la montée de lait. C'est pourquoi il est indispensable, dans un élevage d'ânesses laitières de maintenir l'ânon le plus longtemps possible sous la mère.
Comme la femme, l'ânesse a une montée de lait toute les deux à quatre heure, il faut donc la traire selon ce rythme !


Je commence à traire mes femelles aux un mois du petit. Je ne prélève que quelques gouttes, toujours en présence de l'ânon, pour progressivement augmenter la production de lait, ce n'est qu'à partir des deux mois de l'ânon que je sépare la mère de son petit pendant deux heures au bout desquelles je la trais. La mère et son petit sont toujours à portée de vue. Ce dernier reste avec les autres femelles du troupeau pour moins ressentir la séparation !

Les propriétés du lait d'ânesse:

Le lait d'ânesse est précieux : la femelle ne donne qu'un demi litre de lait par jour, voire presque un litre dans le meilleur des cas, mais ce lait est exceptionnel !
Il est, avec le lait de jument, le lait le plus proche de celui de la femme !
Il apporte :

- Des vitamines A, B1, B2, B6, D, C et E
- Des minéraux et oligo-éléments : calcium, magnésium, phosphore, sodium, fer, zinc
- Des bio stimulines (immunoglobulines)
- Des alkyl glycérols (intervenants dans la réponse immunitaire)
- Des acides gras essentiels

Il est très digeste car il ne contient pas de caséine coagulable et peu de matières grasses…
Ce qui en fait un lait qui peut être toléré par les enfants allergiques aux autres laits, notamment à celui de vache !


Il renforce les défenses naturelles, il améliore le transit intestinal, il favorise la détoxification du foie, Il est particulièrement efficace sur les peaux à problèmes où il cumule les effets dépuratifs et reconstituants : Il permet à la peau de se régénérer plus facilement et il a le pouvoir de ralentir son vieillissement !


Le savon au lait d'ânesse agit sur les problèmes cutanés liés à des troubles nerveux (comme un eczéma lié au stress) car il aide à rééquilibrer le système nerveux grâce aux acides gras essentiels.

 

Un peu d'histoire...

Le lait d'ânesse est connu depuis l'Antiquité pour ses bienfaits ; déjà les Grecs le considéraient comme un excellent remède et les Romains l'avaient adopté comme boisson de luxe.

Le médecin de l'Antiquité, Hippocrate, en fit une description où il prescrivait le lait d'ânesse pour soigner tous types de maux ; cela allait de l'empoisonnement à l'envenimation, en passant par les douleurs articulaires et la cicatrisation des plaies...

De même la reine d'Egypte, Cléopâtre, peaufinait sa grande beauté et la jeunesse de sa peau en prenant des bains de lait d'ânesse, elle possédait en effet un troupeau de plus de 500 ânesses spécialement destiné à son usage personnel.

L'épouse de l'empereur Néron, Poppée, l'employait aussi à des fins cosmétiques, et pour entretenir l'éclat et la souplesse de sa peau.

François 1er eu également recours au lait d'ânesse pour soulager son éreintement face aux guerres répétitives et aux excès en tout genre ; d'après lui, ce breuvage naturel qu'est le lait d'ânesse fit des miracles et lui rendit toute sa santé. Il dira plus tard : " Un jour d'une ânesse, le lait me rendit la santé, et je dois à cette circonstance, davantage aux ânes qu'à la Faculté ".

Dès le 19ème siècle, des marchands de lait d'ânesse parcourent les rues des villes avec leur ânesse en prévenant de leur passage en criant : " lait d'ânesse, du bon lait d'ânesse " ; à cette époque les précieuses et les élégantes consomment alors avec assiduité ce précieux breuvage, alors que les pauvres s'en servent pour revigorer la santé fragile des enfants malades ou des faibles vieillards. Dans le même temps, l'emploi du lait d'ânesse dans les maternités se démocratise et s'intensifie.

Au 19ème siècle, et même au début du 20ème, le lait d'ânesse était un remède auquel recouraient nombre de personnes. S'établirent à l'époque, surtout à Paris, beaucoup de "vacheries asiniennes" où s'adressaient les élégantes afin d'obtenir le précieux breuvage. On vendait le lait plus de 8 F le litre (8 F d'avant la guerre de 14-18...). Lorsque cessa cette mode, les établissements se tournèrent vers la production de lait destiné aux enfants en bas âge que leurs mères ne pouvaient nourrir. C'est ainsi que l'Hôpital des Enfants Assistés a longtemps entretenu un troupeau d'ânesses. On faisait souvent téter les bébés directement au pis de l'ânesse. En pesant le nourrisson, on s'est aperçu qu'il tétait chaque jour entre un litre et un litre et demi.

Le docteur Parrot, qui gérait la nourricerie à l'Hôpital des Enfants Assistés, détaille le cérémonial (Bulletin de l'Académie de médecine, 1882) : "Les écuries où l'on tient les ânesses, saines, propres et bien aérées, ouvrent sur les dortoirs où sont les enfants à allaiter. Traitée avec douceur, l'ânesse se prête facilement à allaiter le nourrisson qu'on lui présente. Son trayon est bien adapté à la bouche de l'enfant pour la préhension et la succion. L'infirmière s'asseoit sur un escabeau à droite de l'animal et près de sa croupe. Elle porte avec sa main gauche la tête de l'enfant, ses genoux servant d'appui au reste du corps. La main droite sert particulièrement à agir sur la mamelle, qu'elle presse de temps en temps pour faciliter l'écoulement du lait, surtout si l'enfant est faible. On fait téter les enfants cinq fois pendant la journée et deux fois pendant la nuit. Une ânesse peut nourrir trois enfants de cinq mois".


(sources : bourricot.com et aquadesign.be)

Dernière mise à jour de cette page le 12/03/2008